Quand on dansait sur les toits - de Tristan Koëgel aux éditions Didier Jeunesse
Il n'y a pas de rires plus forts que ceux qui s'enracinent au coeur de la tristesse, je crois. Un peu comme ces plantes qui poussent en plein désert. Ça n'enlève pas le sable, mais ça sublime tout. Et ça rapproche tout le monde. (Quand on dansait sur les toits)
Amis depuis l'enfance, Pablo et Mayssane partagent un lien unique. Un lien tissé de rêves, de plaisanteries, d'amitiés et d'amour. Malheureusement, ce lien se voit fragilisé par la maladie qui frappe ce duo et leur entourage. Sur le fil de leur amitié s'ajoute la colère, les cris, la tristesse et la peur. En apprenant à danser sur les toits, à bâtir des navires et à braver l'aventure tels des pirates le duo tentera tant bien que mal de (sur)vivre. Certains liens peuvent être plus forts que tout, assez forts pour faire face... face à tout.
J'ai reçu ce livre de la part de la RTS, que je remercie infiniment pour cette belle découverte, dans le cadre du Prix de la littérature ados. Lorsque je travaillais en bibliothèque, je commandais les livres sélectionnés pour le concours, je "m'amusais" de mon côté à sélectionner mon préféré et à comparer les résultats des étudiants. Étonnement, lorsque je lisais les résumés j'avais une première idée de celui que je choisirais. Au final, en lisant les livres, c'est souvent celui qui me parlait le moins qui finissait par être mon coup de coeur.
Cette année, j'ai donc réitéré la chose ou presque. Je n'ai pas pu lire tous les romans du prix mais j'ai reçu le roman gagnant. Je n'ai donc pas lu les autres romans et ne pourrait vous dire lequel j'aurais choisi. Comme d'habitude, en lisant les résumés, ce n'est pas forcément Quand on dansait sur les toits qui avait retenu mon attention. Cependant, comme à l'accoutumé, la magie du prix de la RTS a agi et j'en suis fort heureuse. Car quelle merveille ! Je vous en dis plus... sans trop en dévoiler car ce livre est un trésor qui se découvre petit à petit.
Quand on dansait sur les toits est mon coup de coeur de mars. Tristan Koëgel... merci de m'avoir fait pleurer autant. J'en avais besoin. Ce livre est triste et beau à la fois. Le texte est si poétique qu'on est transporté dans un autre univers fait de pirates, de canards et de rires. J'ai eu beaucoup de mal à choisir une citation pour cette chronique car beaucoup de passages étaient magnifiques. Mon téléphone est rempli de photos des citations que je trouvais intéressantes. Rien que pour le texte, ce livre en vaut la peine.
Les personnages du roman sont attachants chacun à leur manière. L'histoire tourne principalement autour de Pablo et Mayssanne mais il est intéressant de voir comment ils évoluent avec leur entourage (amis, parents, professeurs, etc.). On aurait tous besoin d'un Pablo dans nos vies. Une personne qui nous fasse rêver, espérer et rire aussi fort. Mayssane représente quant à elle la fragilité et la force. Devoir faire face à une situation aussi difficile aussi jeune n'est pas simple. Elle a des moments de faiblesses qui sont tout à fait légitime et qui la rende encore plus réaliste.
La maladie est un sujet sensible qui pourrait déranger certains lecteurs qui ont été touchés par cela. Pour être honnête, certains passages m'ont fait pleurer. Certaines émotions semblent si proches de la réalité qu'il est difficile de résister. A l'inverse, d'autres passages sont tellement beaux qu'ils font sourire et allègent un peu la situation.
Cette histoire est un récit poétique détaillant la vie et la mort d'un oeil différent...presque enfantin. Nous, lecteurs, sommes spéctateurs des émotions et des réactions de chaque personnage face à ce qui n'est pas contrôlable. Elle nous permet de nous questionner sur notre propre réaction dans une telle situation. Parviendrions-nous à relativiser ? Pablo fait-il face au déni ou souhaite-il réellement faire tout son possible pour que Mayssane s'accroche à la vie à travers des aventures rocambolesques ? Il est impossible de se mettre à la place des gens dans ce genre de situation. Ce livre le démontre bien. Chacun à sa manière de gérer les choses mais comme le dit si bien Mme Amari : "Parce que la vie continue, que vous êtes dans le présent, et que vous avez bien raison de ne pas trop regarder en arrière." (Quand on dansait sur les toits, p.191)
Je ne peux que vous recommander ce roman pour sa poésie, ses personnages et son univers. Vous ne pouvez pas passer à côté d'eux ! Attention cependant aux âmes sensibles. Gardez des mouchoirs à proximité.
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