J'étais à la fois addict à cette sensation, et terrifiée de la facilité avec laquelle l'Autre me faisait perdre toute notion du temps et de la réalité. Comme après la mort de Papé. À une différence près, et pas des moindres : contrairement à deux ans auparavant, j'étais consciente que ce qui se jouait en moi était malsain, sans avoir une quelconque prise dessus.
Pour ses dix ans, une petite fille reçoit un cadeau hors du commun. Une étoile, dont la technologie de pointe lui permet de voyager dans l’univers des films qu’elle a vus, des livres qu’elle a lus, des dessins qu’elle a aimés. Le temps d’un périple, elle peut être qui elle veut et devient dépendante de cette sensation. À la maison, elle doit composer avec une mère tyrannique, autoritaire et manipulatrice, et un père aimant, mais maladroit et effacé. Elle grandit tant bien que mal, en cherchant un équilibre et une stabilité auprès de son étoile. Mais l’année de ses quinze ans, tout bascule. À la croisée entre Vipère Au Poing et Black Mirror, ce roman a vocation à interroger les lecteurs. Quand la technologie se mêle à nos émotions, que se passe-t-il ?
Quand j’ai reçu ce livre, je pensais lire une histoire de fantaisie. Une jeune fille qui passerait de monde en monde et qui vivrait des aventures incroyables. L’aventure incroyable, c’est moi qui l’ai vécue ! Car en fait, l’histoire de « Quand les étoiles brûlent en plein jour » n’est pas du tout une histoire de fantaisie et se rapproche indéniablement d’une certaine réalité au travers de ces thématiques profondes.
L’autrice réussit avec brio à nous toucher en plein cœur. J’imagine que le résumé du livre ainsi que les informations qui gravitent autour se veulent intentionnellement floues. Parce que personnellement c’est en ne sachant pas grand-chose de l’histoire que j’ai été le plus bluffée. Certains passages m’ont totalement angoissée.
Je vais reprendre l’histoire dans sa continuité pour vous expliquer mon avis. Attention, la suite pourrait contenir d’éventuels spoilers.
Le début de l’histoire commence par quelque chose de simple. Une petite fille reçoit à son anniversaire un objet un peu spécial : une étoile transmise de femme en femme dans la famille et qui permettrait de voyager dans les univers imaginaires des livres, des films ou encore des dessins qu’elles ont vus. Jusqu’ici tout va bien. On imagine toujours être dans une histoire fantaisiste. Petit à petit, nous allons voir cette jeune fille grandir et c’est là que l’histoire devient intéressante.
Très vite, nous allons comprendre que l’étoile n’est pas là simplement pour amuser la jeune fille. Cet objet aura des réactions étranges lorsque celle-ci n’obéira pas aux règles. Des règles que ses parents ont imposées. À ce moment-là, nous, lecteurs naïfs, commençons gentiment à comprendre que quelque chose d’autre se cache derrière cette trame.
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Au fil du récit, les règles et les relations familiales vont commencer à être de plus en plus complexes. Au point même, que la jeune fille va de plus en plus se sentir oppressée. De mon point de vue personnel, c’est à ce moment-là que j’ai vraiment commencé à accrocher dans l’histoire. Cette angoisse que le personnage principal vit, je l’ai ressentie dans ma lecture. Jusqu’à un certain passage du roman que je ne vous révélerai pas, j’ai eu cette impression d’être dans une prison. Le personnage principal ne pourrait jamais échapper à son quotidien.
Ensuite, arrive des moments plus doux, plus calmes. C’est sans compter sur l’autrice qui ne va pas nous épargner. Finalement, en ayant la possibilité de prendre du recul, le personnage principal commence à comprendre le pouvoir addictif qu’avait cet objet sur elle et ce lien étrange qui la lie à sa mère. C’est dans ces passages-là que j’ai vraiment eu très peur. Typiquement, le passage avec l’autobus où Lilou aperçoit sa mère monter dans le bus. Personnellement j’y ai vraiment cru ! Et j’ai vraiment commencé à sentir une angoisse monter en moi.
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L’autrice a su traiter de sujets délicats dans une histoire addictive. Arrivée à un certain point, je n’ai plus relâché le roman. J’avais besoin de savoir comment allait se terminer l’aventure du personnage principal. Est-ce qu’avec tout ce qui lui arrivait, elle parviendrait à s’en sortir ? Une chose était certaine : elle n’en ressortirait pas indemne. La question était plutôt de savoir dans quelles circonstances elle parviendrait à s’en sortir et ce qu’il allait également arriver à ses proches.
Une autre chose sur laquelle l’autrice a su jouer :
jusqu’à la moitié du roman, nous n’avons aucune idée du prénom du personnage principal. Cet aspect-là m’a beaucoup marqué. Parce qu’en fait, c’est lorsqu’elle fait la rencontre de sa nouvelle amie, Ellie, alors même qu’elle vient à peine de fuguer, qu’elle donne pour la première fois son prénom : « - Lilou. Je m’appelle Lilou. » p. 242. C’est à ce moment-là que nous comprenons que le personnage principal a une identité et qu’elle n’est pas simplement l’objet de manipulation de sa mère. Concrètement donner le prénom à ce personnage principal à ce moment précis permet aux lecteurs de donner une identité à Lilou. C’est d’ailleurs à partir de ce moment-là qu’elle commence à développer une personnalité beaucoup plus ancrée. Ce détail m’a énormément marquée parce que dans beaucoup de livres de référence que j’ai lus sur la manipulation et les parentes toxiques, c’est l’identité des victimes qui est détruite de manière subtile mais clairement détruite. Et ici, c’est l’inverse qui se passe. À partir du moment où Lilou parvient à s’échapper et à se forger sa propre vie, elle a également l’occasion de forger sa propre existence (sa propre identité).
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En résumé, l’autrice traite de sujets profonds tels que les relations familiales, l’identité, la manipulation, la maltraitance et bien d’autres encore de manière subtile en jouant habilement sur des procédés d’écriture. Pour ces raisons : pour sa plume, pour la construction de son texte, pour la profondeur de ces personnages et pour l’univers qu’elle a su créer, je fais de ce livre l’un de mes coups de cœur.
Je remercie l’autrice de m’avoir contactée pour ce service de presse qui je l’admets n’aurait peut-être pas attiré mon attention si j’avais simplement lu le résumé.
Je ne peux que vous encourager à lire ce roman qui est profond. Attention toutefois : si vous êtes dans une période difficile de votre vie, il faudra peut-être repousser votre lecture. J’ai toujours de la facilité à lire des livres mêmes s’il y a des scènes difficiles parce que je m’ancre dans l’idée que ce n’est que de la fiction. Cependant, j’admets que certains passages peuvent toucher par rapport à certaines sensibilités.
Le livre reste toutefois une lecture à ajouter à votre PAL.
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